
Gare à l’excès de confiance

Les Bleus devront se méfier d’eux-mêmes samedi face à l’Ecosse. Galvanisés par le succès face à l’Italie, les vice-champions du monde ne doivent pas se laisser surprendre par de vaillants Ecossais.
Que le temps passe vite ! Il y a un an, les Bleus, encore en plein doute, s’interrogeaient sur leur capacité à battre la Suisse et Chypre pour arracher une place en Coupe du Monde. Zinédine Zidane était tellement important qu’il était inenvisageable de ne pas l’aligner, même blessé. Douze mois plus tard, la France a digéré le départ de Zizou et se présente sûre d’elle-même en Ecosse. Sûre de sa force. Sûre de son sélectionneur, prolongé cette semaine jusqu’en 2010. Sûre de son gardien, Grégory Coupet, qui dit ne pas avoir été intronisé officiellement par Domenech comme numéro un mais qui voit le spectre d’un retour de Barthez définitivement effacé. La France est sûre de sa défense, où Boumsong a démontré qu’il pouvait être un remplaçant solide en cas d’absence de Gallas. Les Bleus sont sûrs de leur milieu où Claude Makelele et Patrick Vieira sont considérés comme la meilleure paire au monde. Les Tricolores sont sûrs de leur attaque, capable de marquer trois buts à l’Italie…
Mais la difficulté quand on est si sûr de soi, c’est parfois de se remettre en cause. Et le sélectionneur a senti poindre le danger cette semaine. Dans la tente de presse de Clairefontaine, il a rappelé à l’ordre un journaliste lui parlant de la succession de Makelele lors de l’Euro 2008. « On n’est pas encore qualifié que je sache », lança le sélectionneur, regard sévère. Comme il se plaît à le dire aux reporters écossais, il n’a rien à dire sur l’équipe adverse car « il se concentre sur son équipe à lui ». Et le danger, il peut le ressentir. Ses Bleus, qui se sont forgé un caractère dans la difficulté et dans la critique, sont-ils capables de rester aussi solidaires dans la victoire ? « Vivre ensemble. » C’est facile quand la victoire est là. Mais les Bleus sont-ils encore prêts à « Mourir ensemble » ? Ce match devrait accoucher de quelques vérités. Si William Gallas peut dire sans choquer que « la France est la meilleure équipe du monde », elle doit le démontrer en ne tremblant pas face à l’Ecosse.
« Honnêtement, je ne connais pas les Ecossais. » Jérémy Toulalan, qui ne regarde pas tous les matchs à la télé, était un peu gêné. Mais il n’est sans doute pas le seul à ne pas connaître les leaders du groupe B après deux journées. Les Caldwell, Weir et McFadden rappellent plutôt les noms de stars du rugby local ou les patronymes des héros du film Braveheart. D’ailleurs, ce sont plutôt des guerriers courageux, fidèles à leurs ancêtres combattant le Roi d’Angleterre, plutôt que des fines lames que rencontreront les Bleus. Un combat est proposé aux hommes de Domenech. Physiquement, la France a les moyens de tenir la dragée haute aux Scottish. Techniquement, il n’y a pas photo. Mais le mental peut faire la différence. C’est donc avec le même état d’esprit que face à l’Italie, le 6 septembre dernier, que les Tricolores devront jouer samedi. Sous peine de voir leurs certitudes mises à mal.






